Créer 8 organisations locales — une par site — et mobiliser plus de 3 000 personnes sur 7 communes du Sud d'Haïti, pour faire de chaque communauté l'actrice de la restauration de son écosystème.
Responsable du volet : M. Ginel · Coordination : William Cinéa (JBC)
Les Nations Unies ont déclaré 2021–2030 « Décennie de la restauration des écosystèmes ». Pour la majorité de la population, la restauration écologique et la réintroduction d'espèces natives restent des thèmes nouveaux. Pour avoir une compréhension commune de ce travail, nous devons mobiliser et informer tous les acteurs, des institutions nationales aux communautés des sites d'intervention.
La pérennité et la durabilité du projet reposent sur l'implication active de la population. Sans organisation locale, sans appropriation communautaire et sans transmission de la connaissance, la restauration livrée ne tient pas dans le temps. C'est pourquoi la première action sur chaque site est de monter une organisation communautaire qui s'informe, se forme et contribue à la mise en place et au suivi des activités.
Principes 1 et 2 de la Society for Ecological Restoration (SER) : impliquer les communautés locales et valoriser les connaissances locales.La Society for Ecological Restoration définit les principes fondamentaux qui guident toute démarche de restauration. Les deux premiers concernent directement la mobilisation des parties prenantes et la valorisation des connaissances.
La restauration repose sur la collaboration entre toutes les parties prenantes — communautés locales, peuples autochtones, associations, jeunes et femmes. Le dialogue continu et la confiance partagée permettent une prise de décision locale plus rapide, le maintien de l'engagement à travers toutes les phases du projet et l'émergence d'ambassadeurs durables de la démarche.
Notre application : structurer 8 organisations communautaires (une par site), associer dès le départ propriétaires, leaders, jeunes et femmes, et veiller à un objectif d'inclusion féminine de 40 % minimum.
La restauration écologique mobilise les connaissances scientifiques, les savoirs écologiques traditionnels (SET) transmis de génération en génération, et les pratiques locales d'entretien des écosystèmes. Reconnaître et intégrer ces différents types de savoirs renforce la pertinence et la légitimité de la démarche.
Notre application : évaluer les connaissances locales sur les plantes natives, médicinales et toxiques, mobiliser les apiculteurs et guérisseurs porteurs de savoirs traditionnels, et constituer une base de données des acteurs et de leurs compétences.
L'application concrète de ces deux principes se traduit par quatre objectifs mesurables.
Pour appliquer les principes SER et garantir la durabilité du projet, la mobilisation se déploie sur deux axes complémentaires : sur chaque site, créer une organisation communautaire (Principe 1) ; sur le territoire des 7 communes, mobiliser plus de 3 000 acteurs porteurs de connaissances diverses (Principe 2).
Une organisation par site, portée par les propriétaires fonciers et les leaders communautaires, structurée pour durer au-delà du projet.
Informer, former et engager toutes les parties prenantes, des institutions nationales jusqu'aux communautés de chaque site.
En application du Principe 2 de la SER, nous mobilisons toutes les sources de connaissances utiles à la restauration : scientifiques, institutionnelles, locales et traditionnelles. Une base de données des acteurs est créée pour chaque site afin de structurer l'engagement de toutes les parties prenantes et de valoriser les savoirs écologiques traditionnels (SET) portés par les apiculteurs, guérisseurs et agriculteurs.
MDE, ANAP, Dir. Biodiversité & Forêt
HEF, ORE, AITCA
Mairies des 7 communes
Membres des organisations
Sensibilisation de la jeunesse
Pratiques agroforestières
Apiculture & valorisation
Savoirs sur les plantes médicinales
Six leviers complémentaires pour rejoindre chaque acteur dans son contexte et son rythme.
Restauration, plantes médicinales, apiculture, écotourisme, biodiversité, leadership.
Campagnes de masse, sessions scolaires, rencontres communautaires en créole.
Avancement, photos avant/après, témoignages des bénéficiaires.
Email lists, épisodes thématiques, articles scientifiques.
Journées portes ouvertes, zones dégradées, écosystèmes de référence.
Un rendez-vous régulier pour maintenir la dynamique du projet.
Pour assurer la pérennité du projet, les membres des organisations communautaires et les équipes terrain suivent un programme de formation continu, organisé en trois grandes familles : technique, gestion-gouvernance et communication-technologies.
Biodiversité, écologie et restauration des écosystèmes
Faire fonctionner une organisation durable
Rayonner et utiliser les outils numériques
Un cheminement en 5 étapes, du recensement initial à l'auto-évaluation par les étoiles SER.
Recenser propriétaires, leaders et acteurs clés de chaque site.
Constituer l'organisation : membres, statuts, règlement, bureau.
Renforcer les compétences techniques et de gouvernance.
Engager la communauté autour des actions de restauration.
Mesurer la progression — auto-évaluation 5 étoiles SER avant/après.
Indicateurs propres au volet Mobilisation — organisations communautaires, personnes mobilisées, partenaires engagés et activités menées. Aucune donnée technique (pépinière, plantation, ruches) n'apparaît ici : ces indicateurs sont suivis sur le tableau de bord général du projet.
Activités terrain conduites par le responsable de mobilisation et l'équipe sur les sites actifs.
| Activité | Lachaux | Laborde | Total |
|---|---|---|---|
| Propriétaires identifiés | 53 | 66 | 119 |
| Parcelles géoréférencées | 17 | 61 | 78 |
| Sessions de validation participative | 1 | 1 | 2 |
| Personnes formées (≥ niveau 2) | 30 | 45 | 75 |
| Personnes sensibilisées | 60 | 80 | 140 |
| Engagement formel des propriétaires | en cours | en cours | — |
| Bureau provisoire élu | non | non | — |
| Statuts rédigés | non | non | — |
| Association légalisée | non | non | — |
Données indicatives — dernière mise à jour à valider par le responsable de mobilisation
La mobilisation et la restauration suivent les normes internationales de la Society for Ecological Restoration (SER). Au-delà des principes 1 et 2 déjà cités (engagement des parties prenantes et valorisation des connaissances locales), les principes 6, 7 et 8 cadrent l'ambition technique du projet.
Outil de suivi pour évaluer la progression du rétablissement par rapport au modèle de référence du projet. Six attributs clés, cinq niveaux d'avancement.
Source : Society for Ecological Restoration (SER) — Principes et normes internationaux pour la pratique de la restauration écologique, 2e édition. Roue utilisée dans le Principe 6 pour évaluer la progression du rétablissement.
La SER propose un Système à 5 étoiles pour assurer le suivi de la progression du projet sur six attributs spécifiques de l'écosystème :
L'idée est de viser haut et de démontrer les progrès dans le temps, même si le rétablissement complet n'est pas initialement possible.
Application au projet Biodiversité Sud : chaque site fait l'objet d'une évaluation initiale (« avant ») et d'évaluations annuelles selon la Roue de rétablissement, permettant de visualiser la trajectoire du rétablissement vers le niveau 5 étoiles, tel qu'illustré dans la figure ci-dessus.
Les bénéfices écologiques (abondance accrue des espèces indigènes, réduction des espèces envahissantes, séquestration du carbone) se renforcent à mesure que les projets s'intègrent à des programmes plus vastes. Les corridors écologiques et les liaisons entre sites adjacents améliorent la connectivité bénéfique et démultiplient les résultats.
Application au projet Biodiversité Sud : les 8 sites sont conçus comme un réseau interconnecté, articulé autour des deux étangs RAMSAR et des KBA. Cette approche à l'échelle départementale fait gagner de la valeur cumulative à chaque site individuel.
La restauration écologique se conçoit dans un continuum restaurateur qui inclut la réduction des impacts, la réhabilitation, la réparation, la restauration et la conservation. Ce continuum permet aux gouvernements, industries et communautés d'atteindre des améliorations à « gain net » en activant des changements positifs à grande échelle.
Application au projet Biodiversité Sud : les activités du projet (mobilisation, pépinières, plantation, apiculture, suivi écologique) s'inscrivent dans ce continuum et se renforcent mutuellement. La mobilisation communautaire conditionne la durabilité de l'ensemble.
La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes s'appuie explicitement sur les principes SER. En les intégrant dans la conduite du projet Biodiversité Sud, le JBC et ses partenaires (HEIFER, PNUD, GEF, MDE) inscrivent leur action dans le standard international le plus reconnu pour la restauration écologique.